Des astuces pour arrêter les somnifères


Beauté de l'automne

Plusieurs expériences ont prouvé que certains changements dans l'hygiène de vie permettent de retrouver un meilleur sommeil.

En finir avec son somnifère sans produit de substitution, y compris chez un octogénaire qui en consomme depuis des années, c'est possible avec l'aide de son médecin pour mettre en place des mesures d'hygiène de vie. Simples à comprendre, ces règles demandent un travail sur soi-même pour être bien appliquées.

Il faut se lever et se coucher à heures régulières, comme avant la retraite et s'assurer de dormir dans une chambre calme. «À faire aussi: ouvrir volets et rideaux en grand le matin pour profiter du soleil au réveil afin de favoriser la sécrétion de mélatonine qui régule notre horloge biologique interne», rappelle le Pr Elena Moro, neurologue (CHU Grenoble). Prévoir chaque jour une activité physique avant 18 heures pour être physiquement fatigué le soir. Arrêter les boissons excitantes (café, thé, colas, alcool) après 16 heures et dîner léger sans trop de matières grasses, longues à digérer. Ne pas prendre de douches chaudes le soir, une température corporelle basse favorisant l'endormissement. Éviter les sujets de discussion qui peuvent virer à la dispute avant de dormir. Être à l'écoute de son corps pour se coucher au premier bâillement. Et utiliser son lit pour dormir, mais pas pour y manger ou pour regarder des films (les films d'horreur étant à proscrire le soir).

«En cas de réveil nocturne, il ne faut pas en faire un drame. Se lever et lire ou écouter une musique calme durant une vingtaine de minutes, cela suffit: les bâillements réapparaissent et il n'y a plus qu'à retourner se coucher», précise le Dr Sylvie Royant-Parola, présidente du Réseau Morphée. «Enfin, face à l'angoisse des personnes âgées devant la mort et la solitude, retrouver un meilleur sommeil passe d'abord par plus de présence, d'affection et de réassurance.»

Plus aisé que prévu

Ces mesures peuvent donner de bons résultats. Lors d'une expérience menée dans les Ardennes par un assureur (Groupama et la MSA), huit généralistes volontaires ont aidé quelque cent personnes âgées en moyenne de 75 ans et prenant des somnifères depuis une quinzaine d'années, à arrêter net. Pour cela, les médecins rappelaient aux volontaires les possibles effets secondaires des somnifères. Ils les invitaient à diminuer la dose tout en améliorant leur hygiène de vie. Les médecins prévenaient qu'il était possible de moins bien dormir pendant une dizaine de nuits environ à l'arrêt du médicament. Et le sevrage s'est révélé plus aisé que chacun ne l'aurait imaginé.

«D'autres expériences similaires ont été menées dans le nord de la France, notamment dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) où une alerte était déclenchée en cas de prescription trop prolongée. Là encore, le fait de prendre conscience que la prescription n'était peut-être plus nécessaire a donné des résultats intéressants», note le Pr Jean-Luc Harousseau, président du Collège de la HAS. «C'est pourquoi nous aimerions que la question du sommeil soit abordée de façon systématique en consultation et, pourquoi pas, dans les pharmacies.» Avis partagé par le Pr Moro: «Même si votre médecin ne pense pas à vous le demander, dites-lui si vous ne dormez pas bien et/ou si vous prenez des somnifères depuis longtemps. On passe un tiers de notre temps à dormir: cela mérite bien une consultation à part entière»!


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